Egalité à géométrie variable

80 000, c’est le nombre d’hommes français victimes de violences physiques ou sexuelles de la part de leur (ex)-conjointe, soit près de 27% des cas de violences au sein du couple. Un triste quotidien pour ces hommes qui se refusent de répliquer de peur de se retrouver en garde à vue, mis en examen ou de perdre la garde de leur(s) enfant(s). Humiliation, violence verbale et physique, ces victimes de l’ombre vivent un calvaire au même titre que les femmes battues, à la différence près que leurs histoires peinent encore à faire écho sur le plan politique comme judiciaire.

 

« Lorsque l’association Face à Face a demandé aux Genevois ce qu’ils pensaient en voyant un homme avec un œil au beurre noir et des griffures, 82% ont penché pour bagarre entre hommes, les 18% restants ont émis l’hypothèse de violences

conjugales avant de s’excuser pour leurs « idées bizarres ».

 

Sur 3 victimes de son conjoint actuel, on a 2 femmes victimes et 1 homme victime. Pourtant si 14% des femmes déposent plainte suite à la violence subie, seuls 5% des hommes osent se tourner vers la justice. La honte, la peur et la perte d’estime d’eux-même les bâillonnent faute de pouvoir être pris au sérieux par une société encore trop marquée par une image de l’homme viril possédant la force physique et morale. Ces hommes dérangent, les chiffres sont là, en constante progression, mais tous font semblant de ne pas les voir. Alors que les violences faites aux femmes sont l’objet, à raison, d’actions de sensibilisation très médiatisées, aucune campagne même gouvernementale, contre la violence conjugale, ne fait mention des hommes victimes.

 

« Un homme meurt tous les 13  jours sous les coups de sa conjointe, mais on ne parle que de la journée contre la violence faîtes aux femmes. On nie la possibilité qu’une femme puisse être violente. »

 

L’avènement de mouvements féministes ces dernières décennies annonçait une médiatisation du problème de la violence conjugale au grand public. Hélas seule celles exercées par l’homme sur la femme semble avoir capté l’attention de nos politiques. « Le sort des hommes battus n’est pas une préoccupation, alors que les femmes sont un enjeu électoral. » note Victoria Vanneau, spécialiste des violences de genre en droit pénal. Ainsi en l’absence de débat public se forme petit à petit dans l’inconscient de chacun un tabou, étouffant toute initiative et de ce fait un possible bouleversement social.

 

« Il faut que des associations s’emparent du sujet, qu’elles l’érigent en « juste cause », afin que les politiques en fassent une cause électoraliste. »

 

Il n’existait à l’heure actuelle qu’une structure d’aide aux hommes battus fondée en 2009 par une femme, Sylviane Spitzer ! SOS Hommes Battus a depuis mis ses activités à l’arrêt faute de moyens pour entreprendre quoi que ce soit  mais aussi par lassitude de «­­ crier dans le vide ». Privés de soutien psychologique comme matériel, ces hommes se retrouvent confrontés à eux même, ignorés par une société incapable d’imaginer pareille vie.

L’incorrect

1 commentaire

  1. Marenco Anne
    27 avril 2017

    Quant à la dénonciation de ces crimes, restent très largement répandus ce qu’on pourrait appeler des « préjugés de genre » selon lesquels un homme battu serait incapable de se faire respecter et une femme battue… l’aurait peut-être un peu cherché, non ? Peut-être faudrait-il se battre contre toute forme de violence « domestique », tout simplement ?

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